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 En ce jour Rouge [MISSION + Libre]

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Riverhaven
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Messages : 44
Votre pouvoir : Comprendre les animaux
Votre royaume : Riverhaven
Votre grade : Esclave

MessageSujet: En ce jour Rouge [MISSION + Libre]   Dim 8 Mar - 12:17

Deux lueurs de cristal dans l'épaisse obscurité.
Deux perles d'eau pures au coeur des océans d'encre.
Chaque pas l'approchait un peu plus de la sortie. Déjà, l'air devenait moins rance, plus légère. Un souffle nouveau respirait, s'infiltrait dans chaque brin de son pelage argenté. Ils approchaient de la sortie des égouts, il le sentait.

Dzing suivait le mouvement. Il avait été appelé en renfort d'un duo de guerrier sans savoir réellement pourquoi. Cela n'entrait pas dans ses habitudes de partir combattre les parias, mais pourtant, le loup esclave s'adonnait à sa tâche sans poser de questions. Des rebelles du Royaume, décidés de s'annexer aux parias. C'était une idée. Une idée certes, stupide, mais une idée quand même. Ils sont nombreux à avoir la bougeotte, l'envie de s'élever et de barrer la route des plus puissants. Parfois, ne faut-il pas simplement accepter son sort ?


    – Esclave !


Arraché de ses pensées par la voix rauque d'une des guerriers, Dzing releva subitement la tête dans sa direction. Ils n'étaient pas nombreux à faire l'effort de retenir son nom, mais cela n'avait que peu d'importance pour le loup.


    – Tu vas passer le premier et prendre cette direction. Tu avances sans t'arrêter et tu restes au niveau de la sortie pour la garder. Tu bouges pas, ok ?– Si les traîtres surgissent, qu'est-ce que je fais ? Je vous appelle ?– À ton avis ? (le guerrier soupira) Tu leurs barre la route et tu fermes ton clapet !


Dzing acquiesça. Sans poser plus de questions, le loup quitta de le duo de guerrier pour s'enfoncer seul dans la galerie. Qu'allaient faire les autres ? Pas la moindre idée. Mais cela l'importait peu. Il avait l'habitude de s'exécuter sans poser de question, là était sa place.

De nouvelles effluves s'invitèrent dans la brise souterraine. Plus fraîche, portée par l'odeur de la poussière et de la terre. Les parfums des falaises, Dzing s'en souvenait. Il était tentant de s'élancer en courant et sortir gouter à l'air chaud qui soufflait entre les roches. Mais Dzing avait un rôle à remplir, il n'en serait pas autrement.

Dzing huma les effluves environnantes. Une lumière nouvelle brisait l'obscurité, éclaircissant le passage. Celle de l'extérieur. Cela semblait risqué d'intercepter de futur parias aussi proche de la sortie, mais une fois de plus, Dzing n'était pas là pour y penser. Simplement s'exécuter. Il se posta, dos à la sortie, guettant les bruits, les pas, les odeurs. Et patienta.

La lueurs bleuté de ses yeux accrochaient les murs. Il était facilement repérable dans cet environnement, comme une mouche sur un mur blanc. Peut-être était-ce le but ? Ses oreilles se dressèrent. Avait-il rêvé ou ce bruit avait été réel. Au même instant, il perçut dans son dos une accolade furieuse entre deux oiseaux qui se hurlaient quelques insanités. Dzing détourna la tête un instant, distrait par ce spectacle bruyant dans son dos. Un simple instant. Mais un instant suffisant pour l'emporter.

Le choc fut féroce. Dzing sentit qu'un autre corps avait percuté volontairement le sien. Une mâchoire de crocs lui enserra la gorge et Dzing eut tout juste le temps de retourner le visage pour croiser ses deux iris embrasés par un pourpre sanglant. Leurs deux corps basculèrent en même temps, Dzing tomba sur le dos, sentant son assaillant prendre le dessus sur lui. Dans un réflexe inespéré, l'esclave serra les mâchoires pour supplanter la douleur et tenta de repousser l'autre à l'aide de ses pattes arrières. Sa force, aidée par le mouvement de chute, fut tout juste suffisant pour repousser le loup par dessus son épaule. Les mâchoires qui le serraient quittèrent sa gorge, traçant de longs sillons vermeilles sur son pelage. L'épaisseur de ce dernier l'avait protégé de justesse d'un égorgement dans les règles de l'art.

Bien que sonné, Dzing ne perdit pas de temps pour se relever, car l'autre loup ne traîna pas non plus. L'esclave inspira profondément tandis que le futur paria s'élançait de nouveau dans sa direction. Dzing tenta de l'esquiver, mais bientôt, il sentit les crocs s'enfoncer dans son flanc. Il gémit et se courba pour saisir la nuque de son assaillant. Les deux combattant luttèrent, mais Dzing ne parvenait pas à le faire décrocher de ses flancs. Il sentait le souffle chaud de loup sur sa plaie, le sang poisser sa jambe qui se couvrait d'épais sillons bruns. Dans un dernier élan, Dzing lâcha sa prise et lança toute ses forces dans un bond de côté. Il poussa ainsi  le loup contre la parois rocheuse, et l'arrière de son crâne heurta la pierre froide. L'opportunité pour Dzing de se libérer de son étreinte. L'esclave l'élança face au loup cette fois-ci et écrasa ses pattes avant sur la gorge du futur paria. Il balança de violent coups pour continuer à l'assommer contre la roche, profitant à chaque fois de l'effet du choc qui sonnait le traître.

Dans un élan inattendu, le futur paria saisit l'une des pattes de Dzing entre ses crocs, forçant ce dernier à stopper son assaut répété. Dzing gémit de surprise mais ne se laissa pas déstabiliser. Il lança son corps entier contre le loup, enfonçant ses crocs sur le museau de l'autre, lui mordant le visage. Sa patte traversée par les crocs lui tirait de terribles souffrance, mais l'esclave profita de cette position pour écraser de nouveau de loup contre les parois rocheuses.

Une terrible douleur lui traversa sa jambe meurtrie. Le traître dans sa débâcle, l'avait frappé près de la plaie. Dzing perdit pied, et un coup d'épaule du traître le fit basculer au sol. Les deux loups étaient en état de choc mais le futur paria fut le plus rapide à s'élancer contre Dzing. L'esclave échappa de justesse aux crocs meurtriers en roulant sur le côté. C'est alors qu'une seconde mâchoire lui enserra une cheville. Une second parias venait se mêler au combat. Il enfonça ses crocs et tira sa jambe avec force. Dzing serra les crocs pour retenir son gémissement et frappa de sa jambe libre le visage du nouvel assaillant.

L'esclave se dégagea et parvint avec difficulté, de se relever et faire face aux loups. Le premier assaillant était au sol, reprenant son souffle, mais les deux autres parias lui firent face, prêt à bondir, crocs luisant à la lumière. Dzing inspira fort. Il devait tenir son poste malgré la douleur lancinante qui rendait ses pattes fébriles. Son flanc ensanglanté l'obligeait à boité à chaque pas. Dzing se demandait combien de temps il tiendrait encore. Il s'immobilisa pour s'éviter de nouvelles souffrances inutiles, étudiant la situation, étudiant le décors pour trouver une ruse. Mais rien ne lui venaient à l'esprit. Alors que les deux parias s'apprêtaient à lui bondit dessus, deux ombres surgirent. Rapides et mortelles. Les deux guerriers qu'il accompagnait sortirent de l'obscurité et saisirent par surprise les deux loups distraits par l'esclave. Leur combat fut rude et furieux, mais les deux guerriers expérimentés mirent rapidement fin à l'assaut en donnant le coup de grâce aux deux parias. Le troisième tenta de se relever, mais l'un des deux guerriers le plaqua au sol d'un coup rude.


    – Tues-le esclave ! rugit l'un des guerrier dans l'ivresse du combat.


Dzing hésita. Il croisa le regard brulant du futur paria. Celui-ci n'affichait aucune empathie, aucune peur, aucune peine. Il refusait visiblement toute forme de pitié, bien trop fier. Dzing frissonna à l'idée de donner la mort au loup.


    – Je… ne peux pas, lança-t-il d'une voix mal assurée.– Pardon ? rugit le guerrier.– Je ne peux pas. Je suis désolé…


Dzing baissa les yeux au sol. Il préférait passer pour un faible et un lâche plutôt que s'adonner à un tel geste. Par le passé, ce paria aurait pu aussi être lui. Lui aussi aurait pu être abattu, mais il ne l'avait pas été.


    – Tu n'es qu'un faible, lança le guerrier, mi furieux, mi amusé. Pas étonnant que tu ne sois qu'un imbécile d'esclave !


Et il donna le coupé de grâce sans une once d'hésitation. Dzing garda les yeux au sol où il aperçu des sillons de sangs se tracer au fur et à mesure de l'agonie du futur paria. L'esclave se concentra sur l'étrange dessin qui se dessinait, comme les racines d'un arbre.


    – Allez, on repart !


Sans un mot, Dzing leur emboita le pas, boitant fortement. Ses blessures se refermeraient, elles n'étaient pas grave. Elle le ferait simplement souffrir, mais comme tout le reste, cela lui passerait au dessus et il ferait mine qu'elles n'exigent pas vraiment. Les guerriers tracèrent le chemin plus rapidement, Dzing demeura à distance, trainant sa carcasse qui portait l'odeur du sang, de la sueur, l'odeur des parias et du combat. Un nouveau labeur qui s'achèvent en ce jour rouge.
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